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Cumul emploi-retraite : travailler en touchant sa pension, les règles 2026 et 2027

Vous êtes à la retraite, mais vous souhaitez continuer à travailler : par envie, pour garder un lien social, ou pour compléter vos revenus. C'est possible, grâce au cumul emploi-retraite : vous percevez votre pension tout en exerçant une activité, salariée ou indépendante.

Mais les règles changent profondément. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réforme le dispositif pour les retraites qui prendront effet à compter du 1er janvier 2027 (Service-Public). Selon la date de votre départ, vous ne relèverez donc pas des mêmes règles.

Ce guide présente les deux régimes, ce qui change en 2027, et comment choisir entre partir puis retravailler, ou prolonger son activité.

Les règles actuelles : cumul intégral ou plafonné

Pour les retraites qui prennent effet jusqu'au 31 décembre 2026, deux régimes coexistent. Dans les deux cas, une condition préalable s'impose : avoir liquidé toutes vos retraites, de base et complémentaires, dans tous les régimes, français et étrangers.

Cumul intégralCumul plafonné
ConditionsAvoir atteint l'âge légal et avoir le taux plein (par la durée ou à 67 ans)Toutes les autres situations (départ avec décote, carrière longue avant l'âge légal…)
Revenus d'activité autorisésSans limiteLimités par un plafond
Nouveaux droits à retraiteOui : une seconde pension, plafonnéeNon : vous cotisez sans gagner de droits

Le plafond du cumul plafonné

Pour un ancien salarié, la somme de vos pensions et de vos revenus d'activité ne doit pas dépasser le plus favorable de ces deux montants : 160 % du SMIC mensuel, ou la moyenne de vos salaires des trois derniers mois avant le départ. En cas de dépassement, votre pension est réduite d'autant.

Les indépendants et les libéraux ont leurs propres plafonds, fixés en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale.

Les personnes en carrière longue qui reprennent une activité avant l'âge légal relèvent de ce cumul plafonné : elles ne basculent en cumul intégral qu'une fois l'âge légal atteint.

Ce qui devrait changer au 1er janvier 2027

Pour les retraites prenant effet à compter du 1er janvier 2027, la distinction entre cumul intégral et plafonné disparaît.

Seul votre âge compte.

Votre âge pendant le cumulCe qui arrive à votre pension
Avant l'âge légal (carrière longue, catégories actives…)Réduite de la totalité de vos revenus d'activité, dès le premier euro
Entre l'âge légal et 67 ansVersée en entier jusqu'à un seuil de revenus d'environ 7 000 € bruts par an, puis réduite de 50 % du dépassement
À partir de 67 ansVersée en entier, sans aucun plafond, et vos cotisations créent de nouveaux droits

Le seuil de 7 000 € doit être fixé par décret : à la date de mise à jour de cet article, il n'était pas encore publié.

Deux exemples

  • Paul, 61 ans, parti en carrière longue, reprend un mi-temps payé 800 € brut par mois. Sa pension est réduite de 800 € par mois : travailler ne lui rapporte rien de plus que sa retraite.
  • Hélène, 65 ans, retraitée à taux plein, gagne 15 000 € brut par an comme consultante. Puisque le seuil est fixé à 7000 €, elle le dépasse de 8 000 €. Sa pension est réduite de la moitié de ce dépassement, soit 4 000 € sur l'année.

Deux autres changements

  • Fin du délai de carence de 6 mois. Jusqu’à fin 2026, reprendre une activité chez son dernier employeur impose d'attendre 6 mois après le départ. Cette règle disparaît en 2027.
  • La seconde pension recentrée après 67 ans. Seules les cotisations versées pendant un cumul à partir de 67 ans créeront de nouveaux droits.

Qui est concerné ?

La réforme n'est pas rétroactive. Si votre première retraite de base prend effet avant le 1er janvier 2027, vous restez soumis aux règles actuelles, même si vous reprenez une activité plus tard. Pour ceux qui partent fin 2026, la date d'effet de la retraite peut donc changer beaucoup de choses.

La seconde pension : ce que rapporte le travail en cumul

Depuis le 1er septembre 2023, un retraité en cumul intégral n'est plus un cotisant à fonds perdus : ses nouvelles cotisations lui ouvrent une seconde pension, versée quand il arrête définitivement de travailler.

Cette seconde pension est volontairement modeste :

  • elle est calculée selon les règles de chaque régime, mais sans décote ni surcote, et sans les majorations habituelles (minimum contributif, majoration pour enfants) ;
  • au régime général, elle est plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 2 400 € bruts par an en 2026 (service-public);
  • les trimestres cotisés en cumul n'augmentent pas votre première pension.

Avec la réforme, seules les périodes de cumul à partir de 67 ans ouvriront ce droit pour les retraites prenant effet à compter de 2027. Pour un retraité de 64 ans qui reprend une activité en 2027, les trois premières années de cumul ne créeront donc aucun droit nouveau.

Reprendre chez son ancien employeur, et sous quel statut

Chez votre dernier employeur

Pour prendre sa retraite de salarié, il faut rompre son contrat de travail : on ne peut pas simplement « passer à la retraite » en gardant son poste. Jusqu'à fin 2026, reprendre ensuite une activité chez ce même employeur imposait un délai de 6 mois après le départ. Ce délai ne s'applique pas en cumul intégral, et il sera supprimé pour tous en 2027.

Salarié, indépendant ou micro-entrepreneur

Tous les statuts sont possibles : CDD, CDI, intérim, portage salarial, création d'entreprise, activité libérale. Beaucoup de retraités choisissent la micro-entreprise pour sa simplicité : des cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires, pas de revenu minimum à atteindre, et une activité facile à arrêter.

Quel que soit le statut, les revenus comptent de la même façon pour les plafonds du cumul. Et les cotisations restent dues, même lorsqu'elles ne créent pas de nouveaux droits.

Les activités qui ne comptent pas

Certaines activités sont cumulables librement avec la retraite, sans être prises en compte dans les plafonds : les activités artistiques ou littéraires rémunérées en droits d'auteur, la participation à des jurys de concours, les activités juridictionnelles ponctuelles, ou encore certaines activités d'hébergement en milieu rural. Les mandats électifs relèvent de règles propres.

Fonctionnaires, indépendants et libéraux

Les grands principes (liquidation de toutes les retraites, cumul intégral ou plafonné, réforme de 2027) valent pour tous les régimes. Quelques particularités demeurent.

  • Fonctionnaires. Un fonctionnaire retraité qui travaille dans le secteur privé relève des règles générales. S'il reprend un emploi dans la fonction publique, ses revenus sont en outre soumis à un plafond propre, au-delà duquel sa pension est réduite.
  • Artisans et commerçants. En cumul plafonné, le plafond est fixé en pourcentage du plafond annuel de la Sécurité sociale, et varie selon le lieu d'activité.
  • Professions libérales. Chaque caisse applique ses règles, avec en général un plafond plus élevé que pour les salariés.

À partir de 2027, la réforme harmonise ces règles autour des trois tranches d'âge, dans tous les régimes. Les modalités propres à chaque statut restent toutefois à préciser par décret.

Démarches, cotisations et impôts

Déclarez votre reprise d'activité. Vous devez informer chacune de vos caisses de retraite dans le mois qui suit le début de l'activité, en indiquant l'employeur ou le statut, et les revenus prévus. Une déclaration tardive ou oubliée peut entraîner la suspension de la pension et le remboursement des sommes perçues.

Les cotisations restent dues. Un retraité qui travaille cotise comme n'importe quel actif, pour la retraite comme pour la maladie. Ces cotisations ne créent de nouveaux droits que dans les cas prévus (seconde pension).

Pension et salaire s'additionnent pour l'impôt. Vos revenus d'activité et vos pensions sont déclarés ensemble et imposés au barème. Travailler en cumul peut donc vous faire changer de tranche d'imposition, et augmenter votre revenu fiscal de référence : c'est lui qui fixe, deux ans plus tard, votre taux de CSG sur les pensions.

Anticipez l'effet sur les aides. Un revenu fiscal de référence plus élevé peut réduire certaines aides (APL, réductions liées aux revenus) ou faire passer votre CSG au taux normal.

Cumul, surcote ou retraite progressive : que choisir ?

Continuer à travailler en fin de carrière peut prendre trois formes. Avec la réforme de 2027, le cumul avant 67 ans perd beaucoup de son intérêt, et les deux autres options méritent d'être comparées.

Cumul emploi-retraiteProlonger avant de partir (surcote)Retraite progressive
PrincipeVous liquidez votre retraite, puis vous travaillezVous continuez à travailler sans liquiderVous passez à temps partiel et touchez une partie de votre retraite
Revenus pendant la périodePension + revenus d'activité (plafonnés avant 67 ans à partir de 2027)Salaire seulSalaire à temps partiel + part de la pension
Effet sur la retraite définitiveAucun sur la première pension ; seconde pension modeste dans certains cas+ 1,25 % par trimestre au-delà du taux pleinVous continuez à acquérir des droits ; la pension est recalculée au départ définitif
Pour qui ?Surtout à partir de 67 ans, ou pour des revenus d'appoint modestesCeux qui veulent maximiser leur pension et restent en posteCeux qui veulent réduire progressivement leur activité

Nos conseils.

  • Si vous partez avant 2027, le cumul intégral reste très favorable dès l'âge légal avec le taux plein : vos revenus ne sont pas plafonnés.
  • Si vous partez à partir de 2027 et avant 67 ans, comparez le cumul avec la surcote et la retraite progressive. Entre l’âge légal et 67 ans, au-delà d’environ 7 000 € de revenus par an, chaque euro gagné réduit votre pension de 50 centimes ; avant l’âge légal, d’un euro.
  • Dans tous les cas, faites simuler votre situation par votre caisse avant de liquider : une fois la retraite prise, le choix est définitif.

Les règles et montants mentionnés dans cet article correspondent aux paramètres applicables en 2026. La réglementation des retraites est susceptible d'évoluer. Cet article est à caractère général et informatif ; il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.