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Valider un trimestre de retraite : ce que cela signifie vraiment

Le mot « trimestre » vous induit en erreur.

Intuitivement, il suggère une durée : trois mois travaillés, un trimestre validé.

C'est logique, mais ce n'est pas ainsi que fonctionne le régime général des salariés. Pour valider des trimestres, c'est principalement le montant de revenu soumis à cotisations qui compte, pas le nombre de mois travaillés.

Deux personnes peuvent donc avoir travaillé pendant des durées très différentes au cours d'une même année et valider exactement le même nombre de trimestres.

Cette distinction peut avoir des conséquences concrètes sur la durée d'assurance et, par conséquent, sur les conditions de départ et le calcul de la retraite.

Un trimestre se valide avec un revenu, pas avec trois mois de travail

Dans le régime général, le principe est simple : pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur la base d'un revenu au moins égal à 150 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année concernée.

Ces règles sont définies par la loi, dans le Code de la Sécurité Sociale, disponible sur legifrance.

Le salaire validant un trimestre est disponible sur le site de l’assurance-retraite et dans une Circulaire annuelle de la CNAV publiée chaque année.

Ces montants correspondent aux revenus soumis à cotisations vieillesse pris en compte pour la validation des trimestres.

Une éventuelle revalorisation du Smic en cours d'année ne modifie donc pas les seuils de validation applicables à l'année entière (par exemple, la revalorisation du SMIC qui a eu lieu le 1er juin 2026 n’a aucune incidence sur les seuils validant un trimestre en 2026).

Attention toutefois : cette règle concerne notamment les salariés relevant du régime général. Les modalités de validation peuvent différer selon le régime de retraite et le statut professionnel, notamment pour certains travailleurs indépendants et les fonctionnaires.

Quatre trimestres par an, jamais plus

Il existe une seconde règle : vous ne pouvez pas valider plus de quatre trimestres au titre d'une même année civile.

Un salarié qui perçoit 7 212 € de rémunération soumise à cotisations en 2026 peut donc valider quatre trimestres. Celui qui en perçoit 20 000 ou 200 000 ne pourra pas en valider davantage au titre de cette année.

Prenons deux situations.

Les trimestres ne servent pas seulement à déterminer votre date de départ

Il serait toutefois faux de dire que les trimestres ne déterminent que votre date de départ.

Ils servent d'abord à déterminer votre durée d'assurance, qui intervient pour savoir si vous pouvez bénéficier d'une retraite à taux plein avant l'âge du taux plein automatique.

Mais cette durée intervient également dans le calcul de la pension de retraite de base. Lorsque vous n'avez pas la durée d'assurance requise, votre pension peut être affectée par une décote et, selon votre situation, par une proratisation liée à votre durée d'assurance.

Autrement dit, un trimestre supplémentaire peut avoir un effet sur la date à laquelle vous pouvez partir et le montant de votre pension, même si les mécanismes ne sont pas les mêmes.

Combien de trimestres faut-il ?

La durée d'assurance requise dépend de votre année de naissance.

Les règles actuellement en vigueur sont disponibles sur le site de l’assurance-retraite :

Année de naissanceÂge légalTrimestres requis pour le taux plein
196362 ans et 9 mois170
196462 ans et 9 mois170
Janvier à mars 196562 ans et 9 mois170
Avril à décembre 196563 ans171
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
196863 ans et 9 mois172
1969 et après64 ans172

Le cap des 67 ans

Si vous partez avant 67 ans sans avoir la durée d'assurance requise, votre pension peut subir une décote.

À 67 ans, vous bénéficiez automatiquement du taux plein, même si vous n'avez pas atteint le nombre de trimestres requis. Cela ne signifie pas pour autant que vous percevrez la pension maximale : votre durée d'assurance peut encore avoir un effet sur le montant versé.

Les trimestres que vous pouvez obtenir sans travailler

Une période sans activité professionnelle ne signifie pas nécessairement que votre compteur s'arrête.

Certaines périodes sont considérées comme des périodes assimilées et permettent de valider des trimestres sans avoir perçu de salaire soumis à cotisations. C'est notamment le cas de certaines périodes de chômage, de maladie, de maternité, d'invalidité ou de service national.

Voici quelques exemples :

  • Chômage indemnisé : un trimestre est validé tous les 50 jours de chômage indemnisé, dans la limite de quatre trimestres par an.
  • Maladie : certaines périodes d'indemnisation permettent de valider un trimestre tous les 60 jours d'indemnisation, dans la limite de quatre par an.
  • Maternité : certaines périodes de congé maternité donnent lieu à des trimestres assimilés.
  • Invalidité : les périodes d'invalidité peuvent permettre de valider des trimestres selon des règles spécifiques.
  • Service national : un trimestre est validé par période de 90 jours d'incorporation, avec un maximum de quatre trimestres par année civile. Il faut notamment avoir cotisé avant ou après la période de service.

Ces trimestres peuvent donc permettre de conserver une durée d'assurance malgré une interruption de carrière.

Mais ils ne fonctionnent pas exactement comme des trimestres cotisés. Pour ces périodes, aucun revenu n'est généralement reporté sur le relevé de carrière. Ces trimestres contribuent donc à votre durée d'assurance, sans alimenter de la même manière le calcul du revenu annuel moyen.

Trois situations dans lesquelles il faut vérifier son relevé

Certaines périodes méritent une attention particulière.

Le début d'une activité indépendante. Une première année avec de faibles revenus peut conduire à ne valider qu'une partie des trimestres possibles. Les règles dépendent alors du régime dont vous relevez et de votre niveau de cotisations.

Les stages et les petits jobs étudiants. Un emploi, même faiblement rémunéré, peut permettre de valider quelques trimestres : il ne faut pas les négliger !

Les périodes travaillées à l'étranger. Leur prise en compte dépend notamment du pays concerné et des règles de coordination applicables. Elles peuvent être prises en compte dans la détermination de vos droits, mais il faut vérifier que les informations figurent correctement dans votre carrière.

Le troisième levier : compléter sa retraite

Les trimestres déterminent une partie de vos droits au régime obligatoire. Ils ne constituent cependant qu'un des éléments de votre préparation à la retraite.

Le PER permet de constituer une épargne supplémentaire tout en bénéficiant, sous conditions et dans certaines limites, d'une déduction des versements du revenu imposable.

Son principal inconvénient est sa disponibilité limitée avant la retraite. Des possibilités de déblocage anticipé existent néanmoins dans plusieurs situations prévues par la loi, notamment l'acquisition de la résidence principale et certains accidents de la vie.

Le choix entre PER, assurance-vie et autres placements dépend notamment de votre fiscalité, de votre horizon de placement et de votre besoin de liquidité.

Comme tout placement financier, l'investissement sur les marchés comporte un risque de perte en capital.

Vérifiez vos trimestres maintenant, pas au moment de partir

La vérification de votre carrière ne demande que quelques minutes.

Connectez-vous à votre compte sur info-retraite.fr et consultez votre relevé de carrière. Le service permet de retrouver les informations transmises par vos différents régimes.

Ne vous contentez pas du nombre total de trimestres affiché. Examinez votre carrière année par année.

Pour chaque année, posez-vous une question simple : ai-je validé quatre trimestres ?

Les années à trois, deux, un ou zéro trimestre méritent une vérification. Regardez en particulier :

  • vos premières années d'activité ;
  • vos années d'études et jobs étudiants ;
  • vos périodes de chômage ;
  • vos arrêts maladie ou périodes d'invalidité ;
  • vos périodes travaillées à l'étranger ;
  • vos premières années comme indépendant.

Si vous constatez une anomalie, mieux vaut la faire corriger pendant que vous disposez encore des justificatifs nécessaires.

Un relevé de carrière se corrige plus facilement lorsque vous avez encore vos bulletins de salaire, attestations d'emploi et autres documents permettant de prouver une période d'activité.

Sous réserve des conditions, plafonds et règles fiscales en vigueur. La déductibilité des versements sur le PER dépend notamment de votre situation fiscale et du régime applicable. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.