ETF, trackers et fonds indiciels

Définition

Les ETF sont des produits financiers permettant d’acheter et de vendre des paniers d’actions et d’obligations en une seule transaction, comme s’il s’agissait d’actions ordinaires.

Fonctionnement

Les ETF sont aussi appelés trackers, car ils suivent à la trace un indice boursier. Pour comprendre leur fonctionnement, il faut d’abord connaître le principe des fonds indiciels.

Les fonds indiciels

Un fonds indiciel permet d’investir dans un grand nombre d’actions d’un seul coup. Plus précisément, un fonds indiciel est un fonds de placement qui réplique la performance d’un indice boursier, comme le CAC 40 (représentant les 40 plus grandes sociétés cotées françaises) ou le S&P 500 (les 500 plus grandes sociétés cotées américaines). Il suit fidèlement la performance de l’indice car il achète toutes les actions qui le composent.

Concrètement, au lieu d’acheter 1000 € d’actions Danone, vous mettez 1000 € dans une grande cagnotte — où d’autres personnes ont aussi mis de l’argent — que le gérant utilise pour acheter toutes les actions de l’indice CAC 40, par exemple. On parle aussi de fonds commun de placement (FCP) ou de SICAV, mais c’est un détail juridique.

Pour répliquer fidèlement la performance de l’indice en question, le gérant tient compte des différences de taille et de capitalisation boursière entre les entreprises qui forment l’indice de référence : il achète beaucoup d’actions des grosses entreprises et moins d’actions des petites.

Ainsi, lorsque vous investissez 1000 € dans un fonds indiciel, vous achetez en réalité l’équivalent de 1000 € répartis dans chacune des actions de l’indice choisi par le fonds indiciel, dans les mêmes pondérations que l’indice suivi. Comme la stratégie d’investissement qui consiste à acheter toutes les actions d’un indice et à les conserver longtemps est relativement simple, les fonds indiciels sont peu gourmands en frais. Ils coûtent moins chers que les fonds activement gérés.

Les ETF

ETF est l’acronyme de Exchange-Traded Funds soit en français fonds coté en bourse.

Les ETF sont donc des valeurs mobilières : ils sont cotés et négociés en continu, ils peuvent donc être achetés et vendus sur les marchés. Les ETF offrent tous les avantages des fonds de placement, puisqu’ils permettent d’investir dans plusieurs valeurs par l’intermédiaire d’une seule, mais ils ont en plus l’élégance d’être bien moins chers que les fonds activement gérés. Il existe des ETF pour tous les types de valeurs. Certains donnent accès aux indices boursiers, comme le CAC 40 ou le Nasdaq, d’autres permettent d’investir dans des obligations d’État, des obligations d’entreprise ou des matières premières.

Différents modes de réplication

La bête noire du gérant indiciel se nomme tracking error : l’erreur de réplication. Ce terme désigne l’écart statistique entre les variations d’un fonds et celles de l’indice qu’il réplique. Idéalement, elle est aussi proche de 0 que possible.

Pour parvenir à cet objectif, les gérants disposent de différentes stratégies. La plus simple consiste à acheter une à une chacune des actions constituant l’indice de référence : on parle alors de réplication physique.

Parfois, il est plus opportun d’opter pour une réplication indirecte, dite synthétique, qui consiste à répliquer le comportement de l’indice boursier plutôt que son contenu. Cette prouesse est possible grâce aux produits dérivés, des contrats d’échange que le gérant souscrit avec des banques et qui lui assurent une réplication fidèle.

Enfin, lorsqu’un indice comporte un nombre très important de valeurs (le Russell 2000, représentatif des petites sociétés américaines, comporte 2000 titres), le gérant peut opter pour un échantillonnage : il n’achète qu’une sélection de titres judicieusement choisis pour leur représentativité afin de réduire les frais.

Quelle que soit la méthode utilisée, tous les gérants indiciels ont la même obsession : répliquer l’indice de référence de façon fiable à moindre coût.

Exemple

Si tout ceci vous semble abstrait et compliqué, imaginez la scène suivante : vous voulez investir en Bourse. Au lieu de sélectionner une ou deux actions, par exemple l’action Renault ou l’action Air Liquide, vous pouvez investir dans un ETF CAC 40, qui possède lui-même des parts dans toutes les entreprises du CAC 40. Il vous suffit pour cela de passer un ordre d’achat, de la même manière que vous passeriez un ordre pour acheter une action.

Vous n’avez acheté qu’un seul produit, à savoir l’ETF CAC 40, mais vous voilà désormais investi dans 40 entreprises différentes, celles du CAC 40, et ce par l’intermédiaire de votre ETF.

Vous y gagnez à plusieurs niveaux : vous devrez sortir beaucoup moins d’argent pour acheter un ETF CAC 40 que si vous achetiez les 40 titres qui composent cet indice, et vous payez moins de frais de transaction.

Avantages

Avantages

Frais réduits

Les ETF sont relativement peu coûteux : c’est leur principal avantage. La plupart des ETF facturent entre 0,05 % et 0,30 % de frais de gestion par an, ce qui les situe bien en dessous des fonds activement gérés dont les frais dépassent souvent 2 % par an.

Les ETF ne coûtent pas cher car leur fonctionnement occasionne peu de frais : contrairement aux fonds activement gérés, ils se contentent de suivre passivement un indice, sans chercher à le battre en achetant et en vendant telle ou telle action à court-terme.

Les frais de gestion sont déjà inclus dans la performance. Ils ne sont pas prélevés à échéance fixe comme des frais de tenue de compte bancaire : ils sont invisibles.

Diversification

Les ETF sont un moyen très efficace de diversifier ses investissements, puisqu’en une seule transaction, vous achetez un panier d’actions ou d’obligations. Par exemple, en achetant un ETF qui réplique l’indice MSCI World, vous vous exposez à près de 1800 entreprises dans 23 pays. Votre investissement variera selon les grandes tendances mondiales plutôt que selon l’évolution d’entreprises particulières. Cela limite fortement la volatilité, c’est-à-dire l’amplitude des variations que votre investissement connaîtra.

En investissant en ETF, les chances de gagner beaucoup et rapidement sont donc plus réduites qu’en investissant sur quelques actions précises seulement. Mais les risques de perdre tout aussi rapidement sont nettement moins élevés.

Investir en ETF évite aussi de devoir faire des choix individuels d’actions, travail fastidieux et rarement rémunérateur à long terme. Pour faire fructifier son argent, l’important est de rester investi longtemps, pas de sélectionner les bonnes valeurs.

Liquidité

Les ETF sont cotés sur les marchés au même titre que des actions : ils sont donc très faciles à acheter et à vendre. Ils sont cotés en continu, c’est-à-dire que vous connaissez précisément le cours auquel vous pouvez les acheter et les vendre. Ils ne facturent pas de frais d’entrée : vous ne payez que les frais de courtage à votre courtier, de la même façon que lorsque vous achetez une action.

Inconvénients

Bien qu’ils soient généralement simples à manier et peu coûteux, les ETF présentent malgré tout quelques inconvénients.

Frais

Les ETF sont des fonds et comme tous les fonds ils prélèvent des frais de gestion. Peu élevés, certes, mais des frais quand même. En théorie, vous pourriez contourner ces frais en achetant tous les titres d’un indice un par un, à la main.

Par exemple, au lieu d’acheter un ETF S&P 500, vous pourriez acheter 500 titres qui composent l’indice S&P 500. Vous y passeriez plus de temps que si vous achetiez un simple ETF S&P 500, mais vous économiseriez alors les frais liés à l’ETF… en théorie. En théorie seulement, car il y a fort à parier que les frais de courtage que vous allez payer sur chacune de vos transactions dépasseront très largement ce que vous coûterait l’ETF en question.

En outre, n’oubliez pas qu’un indice boursier évolue fréquemment : il vous faudra suivre les entrées et sorties des valeurs dans les indices pour continuer à le répliquer efficacement. Le gérant de l’ETF fait ce travail à votre place de façon plus efficace, avec le souci permanent de réduire les frais.

Dividendes

Si vous achetez un ETF qui contient des actions et que certaines de ces actions payent des dividendes alors l’ETF collectera pour vous ces revenus qui vous reviennent. Deux scénarios sont ensuite possibles, selon le mode de gestion de l’ETF : la capitalisation et la distribution.

Les dividendes peuvent être capitalisés, c’est-à-dire réinvestis dans l’ETF lui-même (le gérant achètera des actions nouvelles avec l’argent des dividendes). Ils peuvent aussi être distribués, c’est-à-dire versés sur votre compte (les sommes sortiront alors de l’ETF, ce qui réduira sa valeur liquidative). Dans les deux cas, les dividendes vous sont acquis et intègrent votre patrimoine. Ils ne sont jamais conservés par le gérant pour son propre compte.

Certains investisseurs considèrent que la capitalisation des dividendes est un inconvénient, car cela les force à céder des parts d’ETF s’ils souhaitent tirer des revenus de leur investissement. Contre-intuitivement, la capitalisation est souvent préférable car la fiscalité est généralement meilleure que la distribution. En outre, en vendant des parts d’ETF lorsque vous en avez besoin, vous conservez le contrôle sur les dates et les montants des retraits sans être dépendant des politiques de dividendes des entreprises.

Complexité

Certains ETF sont plus compliqués que d’autres. Là où les ETF classiques, les plus anciens, se contentent de répliquer un indice boursier reconnu, d’autres ETF, plus récents, adoptent une gestion plus active, répliquent des indices complexes, ou encore utilisent un effet de levier.

Tout est histoire d’indices : aux côtés des indices historiques (Euro Stoxx 50, S&P 500…) très simples, transparents sur leur composition et disposant d’un très long historique (l’indice Dow Jones Industrial Average existe depuis 1896 !), on voit parfois naître des indices complexes, suivant des formules parfois hasardeuses, et uniquement créés afin d’y adosser des fonds indiciels qui en suivront les variations.

Les ETF qui répliquent ces indices sont bel et bien des fonds indiciels cotés puisqu’ils suivent un indice et sont cotés. En revanche, ils ne sont pas aussi simples et transparents que les ETF traditionnels : il faut plutôt les voir comme des instruments spéculatifs, et leurs frais de gestion sont souvent élevés.

Il y a donc ETF et ETF… Rassurez-vous : Yomoni n’utilise que des ETF simples et peu coûteux.

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