Définition

Diversifier revient à dire : ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Le principe de diversifications s’applique aux portefeuilles. Quand un gérant construit un portefeuille pour le compte d’un client, il a le choix entre plusieurs classes d’actifs. Il peut placer l’argent de son client dans des actions françaises ou américaines, des obligations d’État, des matières premières comme le pétrole, des marchés émergents comme la Chine, des petites entreprises, des grosses entreprises, et ainsi de suite. Toutes ces classes d’actifs évoluent différemment. Par exemple, les actions ont tendance à baisser en cas de crise boursière, alors que l’or va avoir tendance à monter dans de telles circonstances. Par ailleurs, certaines classes d’actifs sont considérées comme plus risquées que d’autres : les actions des pays émergents passent pour plus risquées que les obligations émises par les États-Unis.

Quand il construit le portefeuille de son client, le gérant va donc sélectionner pour lui les classes d’actifs qui respectent son projet financier et le niveau de risque qui y est associé. Le gérant va tenter de choisir des classes d’actifs peu corrélées, peu dépendantes les unes des autres, de sorte que si l’une d’entre elles venait à baisser, les autres ne s’en trouveraient pas affectées, ou pas beaucoup. En somme, pour filer la métaphore du poulailler : le gérant ne va pas mettre tous les œufs de son client dans le même panier d’actifs.

Bien que les avantages de la diversifications ne fassent plus vraiment débat, les façons de diversifier un portefeuille donnent toujours lieu à de longues discussions parmi les gérants. Quel est le nombre optimal de titres à acheter ? Le nombre idéal de fonds à inclure dans un portefeuille ? Autant de questions dont les réponses varient d’un gérant à l’autre. Cependant, les gérants semblent d’accord sur un point : plus un investisseur a de temps devant lui et plus il gagnerait à placer son argent dans des classes d’actifs risquées, comme les actions — ce qui n’empêche pas d’appliquer le principe de diversifications au sein même de la classe d’actif choisie, en investissant par exemple dans 4000 entreprises différentes à travers le monde.

Avantages

Réduction du risque

La diversifications permet de profiter des hausses du marché sans trop souffrir des baisses, en principe. Actuellement, vous avez peut-être envie d’investir toutes vos économies dans des actions Amazon. Pourquoi pas ? C’est votre choix. L’action Amazon va peut-être faire mieux que toutes les autres actions dans les années qui viennent, mais peut-être pas. Il y a même une très petite probabilité qu’Amazon dépose le bilan. Est-ce un risque que vous souhaitez vraiment prendre, sachant que toutes vos économies sont en jeu ? Si vous tenez vraiment à investir aux États-Unis, le principe de diversifications voudrait que vous ne preniez pas ce risque. Au lieu de ça, vous feriez sans doute mieux de placer votre argent non seulement dans toutes les valeurs technologiques américaines (Nasdaq), ou dans toutes les valeurs américaines (S&P 500), mais aussi dans plusieurs classes d’actifs américaines (obligations, dettes d’entreprises, monnaie). Ça c’est de la diversifications.

Évolution avec l’âge

Pour que la diversifications vous permette vraiment de réduire vos risques sans amputer vos rendements potentiels, encore faut-il qu’elle tienne compte de votre âge. Si vous avez 30 ans, vous pouvez vous permettre de prendre un peu de risque : vous êtes jeune, vous allez peut-être connaître de mauvaises années sur les marchés, certes, mais vous aurez le temps de vous refaire. En revanche, si vous avez 85 ans, ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour investir dans des classes d’actifs risquées.

Inconvénients

Mise en place

Créer un portefeuille bien diversifié peut être compliqué. C’est la raison pour laquelle des investisseurs font appel à des conseillers financiers — qui prennent en général 1 % à 2 % de frais en échange de leur service. Si vous n’êtes pas prêt à payer ces frais, vous allez devoir faire pas mal de recherches, il va vous falloir acheter beaucoup d’actions, beaucoup d’obligations, et vous serez contraint de garder un œil sur tous ces titres. C’est faisable, mais ça demande pas mal de travail.

Cela dit, vous pouvez bénéficier de l’expérience d’un gérant professionnel, sans forcément en embaucher un. Oui, c’est possible. C’est même précisément ce que permettent de faire les ETFs. Les ETFs, tout comme les fonds indiciels, sont conçus, assemblés, créés par des spécialistes, dans le but d’être à la fois diversifiés et peu coûteux. Si vous décidez de gérer votre épargne seul, il vous faudra tout de même déterminer quels ETFs acheter — mais vous y passerez moins de temps que si vous deviez acheter à la main tous les titres contenus dans les ETFs choisis.

Corrélations en cas de crise

En cas de crise, si la panique se propage, des classes d’actifs considérées comme peu risquées peuvent le devenir, mettant ainsi en péril le principe de diversifications dans une sorte de contagion galopante, d’effet domino. Le remède consiste alors à diversifier au maximum, c’est-à-dire investir dans des classes d’actifs peu corrélées les unes aux autres, et ce, partout dans le monde

Risque de change

Quand vous achetez un ETF qui contient des actions d’entreprises étrangères, vous vous exposez à deux risques. Le premier risque, c’est tout simplement le risque inhérent aux actions, dont le cours monte et descend. Le second risque est moins évident, il est lié à la monnaie dans laquelle les actions étrangères que vous détenez sont cotées. Par exemple, si vous possédez des actions américaines et que le dollar prend de la valeur par rapport à l’euro, vos plus-values s’apprécieront. Inversement, si l’euro décolle alors que le dollar plonge, vos gains vont en pâtir. Par conséquent, si vous détenez des actions américaines dans un ETF coté en euro, et que l’euro devient trop fort, vous risquez de prendre la marée — quand bien même le marché actions américain progresserait de son côté, en dollars.

Ce risque lié aux variations des taux de change a conduit les concepteurs d’ETFs à décliner leurs produits en deux versions :

  • une version sans protection contre les fluctuations monétaires ;
  • une version avec protection, aussi appelée currency hedging.

La protection contre les fluctuations monétaires est conçue pour éliminer le second risque évoqué plus haut, celui lié aux fluctuations des taux de change, en amortissant leurs effets. Les ETFs qui proposent cette option utilisent des produits dérivés comme les « futures », aussi appelés currency forwards, qui leur permettent de verrouiller, geler, garantir un taux de change bien précis, à une date spécifique, fixée à l’avance. Si la monnaie étrangère dont il est question a décliné en valeur quand arrive la date fatidique, le gérant fait alors une plus-value. À l’inverse, si la valeur de la monnaie étrangère s’est appréciée, la valeur du produit dérivé, le fameux « futures », baissera d’autant. Au total, l’effet des taux de change est ainsi neutralisé. Le seul risque qui demeure est celui lié aux actions elles-mêmes, le risque inhérent aux marchés boursiers.

Par exemple, quand l’euro s’apprécie face au dollar américain, les ETF qui disposent d’une protection contre les fluctuations des taux de change offriront des rendements plus élevés sur vos placements en actions à l’étranger. Si l’inverse se produit, si l’euro baisse pendant que dollar américain monte, c’est la version sans protection des ETFs qui vous rapportera le plus sur vos placements à l’étranger. La version qui vous protège dans tous les cas, la version ceinture et bretelles des ETFs, n’existe donc malheureusement pas. Chez Yomoni, nous utilisons des ETFs protégés contre les fluctuations des taux de change, car les principaux actifs financiers sont échangés en dollar américain, c’est-à-dire hors de l’euro.