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PER : sortir en rente ou en capital ? Avantages, fiscalité et calcul

Au moment de la retraite, le plan d'épargne retraite (PER) pose une question décisive : récupérer son épargne en capital, la convertir en rente viagère, ou combiner les deux.

Ce choix est en grande partie définitif. Une rente ne se convertit pas en capital. Il engage aussi votre fiscalité pour des années, et ce que vous transmettrez à vos proches.

La bonne réponse ne dépend pas d'une règle générale, mais de quatre éléments : le compartiment d'où vient l'épargne, votre taux marginal d'imposition, votre espérance de vie et votre projet (revenu garanti, achat, transmission).

Capital et rente : les définitions

Lorsque vous choisissez une sortie en capital, vous pouvez retirer tout ou partie de l’épargne accumulée sur votre plan, en une ou plusieurs fois. Le capital restant investi continue d’évoluer en fonction de la performance des supports choisis. En cas de décès, le capital restant est transmis à vos héritiers ou, lorsqu’il s’agit d’un PER Assurance, aux bénéficiaires désignés, selon des règles proches de celles de l’assurance-vie.

Lorsque vous choisissez une sortie en rente, vous transformez définitivement tout ou partie de votre capital en revenus réguliers. En contrepartie, l’assureur s’engage à vous verser une rente, généralement chaque mois ou chaque trimestre. Son montant dépend notamment du capital converti en rente, de votre âge au moment de la conversion et des conditions financières en vigueur.

En contrepartie du versement de la rente, le capital n’est pas récupérable ni transmissible aux héritiers au décès, sauf cas particuliers.

Vous pouvez également combiner les deux options : récupérer une partie de votre épargne en capital et convertir le reste en rente viagère. Les modalités de sortie dépendent toutefois de l’origine des sommes versées sur le PER.

Ce que vous pouvez choisir, selon l'origine de l'épargne

Un PER comporte jusqu'à trois compartiments. Le choix de sortie dépend de celui dont provient l'argent.

CompartimentOrigine des sommesSortie possible
C1 : versements volontairesVos versements personnels, déduits ou non du revenu imposableCapital, rente ou mixte, au choix
C2 : épargne salarialeIntéressement, participation, abondement, jours de repos monétisésCapital, rente ou mixte, au choix
C3 : versements obligatoiresCotisations obligatoires de l'employeur et du salarié (ex-article 83)Rente uniquement, sauf rente inférieure à 110 € que l’assureur peut verser en capital avec votre accord

Le capital peut être retiré en une fois ou de façon fractionnée, sur plusieurs années. Cette souplesse est un levier fiscal important.

Les sommes restent en principe bloquées jusqu'à la liquidation de vos droits à retraite, sauf cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale pour C1 et C2, et accidents de la vie dans tous les cas).

Rente ou capital : avantages et inconvénients

CapitalRente viagère
DisponibilitéTotale : vous gérez, placez, dépensez librementNulle : le capital est définitivement converti
RevenuDépend de votre gestion et de vos retraitsGaranti à vie, quel que soit votre âge au décès
Risque de longévitéÀ votre charge : l'épargne peut s'épuiserPris en charge par l'assureur
TransmissionLe capital non consommé revient à vos héritiersRien n'est transmis, sauf option de réversion ou annuités garanties
FiscalitéConcentrée sur l'année (ou les années) de retraitÉtalée sur toute la retraite
RendementCelui de vos placements après la sortieFixé par le taux de conversion à la liquidation, puis revalorisation éventuelle

Les avantages de la rente

Elle transforme une épargne en revenu garanti, qui ne peut ni s'épuiser ni être mal géré. Plus vous vivez longtemps, plus elle est rentable. Elle se paramètre : réversion au conjoint, annuités garanties (versées aux héritiers si le décès survient tôt), rente par paliers, majoration en cas de dépendance, revalorisation annuelle…

Ces options ont un coût, qui se matérialise par un montant versé initialement plus faible.

Les inconvénients de la rente

Le taux de conversion est souvent modeste, car les assureurs utilisent des tables de mortalité prudentes (celle des femmes, la TGF05 ; une espérance de vie plus élevée menant mécaniquement à une rente plus faible). Chaque option (réversion, annuités garanties) réduit encore le montant. Enfin, en cas de décès précoce, l'épargne est en grande partie perdue pour la famille.

Les avantages de la sortie en capital

Il laisse toutes les options ouvertes : financer un projet, rembourser un prêt, placer sur une assurance-vie pour organiser la transmission, ou se verser soi-même un revenu. Retiré de façon fractionnée, il permet aussi de piloter son imposition.

Les inconvénients de la sortie en capital

Il exige de la discipline et une gestion dans la durée, même si la gestion pilotée permet de déléguer cet aspect. Fiscalement, si le capital est retiré d'un bloc, il peut faire grimper fortement votre taux marginal d'imposition l'année de la sortie.

La fiscalité de chaque sortie

Une règle de fond avec le PER : ce qui a été déduit à l'entrée est imposé à la sortie. La fiscalité dépend donc à la fois du compartiment et du choix fait lors des versements.

OrigineSortie en capitalSortie en rente
C1, versements déduitsVersements : barème de l'IR, sans abattement de 10 %. Gains : PFU (12,8 % + prélèvements sociaux) ou barème sur optionImposée comme une pension (abattement de 10 %, barème). Prélèvements sociaux sur une fraction de la rente, selon l'âge
C1, versements non déduitsVersements : exonérés. Gains : PFU ou barème sur optionRégime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable (IR et prélèvements sociaux)
C2, épargne salarialeExonérée d'IR. Prélèvements sociaux sur les gainsRente viagère à titre onéreux : fraction imposable
C3, versements obligatoiresImpossibleImposée comme une pension, avec les prélèvements sociaux des retraites

La fraction imposable d’une rente viagère à titre onéreux (RVTO) est fixée définitivement selon l’âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans (art. 158-6 du CGI).

Les prélèvements sociaux en 2026

La LFSS pour 2026 a porté la CSG sur les revenus de placement de 9,2 % à 10,6 %, soit 18,6 % de prélèvements sociaux et un PFU de 31,4 %, sur les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026 (service-public).

Les produits d'assurance-vie en sont exclus (service-public), mais tous les PER sont concernés, bancaires comme assurantiels, comme confirmé par le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale du 26 mai 2026 (boss.gouv.fr).

Exemple chiffré : 100 000 € en capital ou en rente

Option 1 : capital fractionné sur 4 ans

Montant
Capital total retiré100 000 €
IR sur les versements (20 000 € par an à 30 %, pendant 4 ans)− 24 000 €
PFU sur les gains (20 000 € × 31,4 %)− 6 280 €
Capital net perçu69 720 €

Retiré en une seule fois, le capital aurait ajouté 80 000 € à son revenu imposable de l'année : une partie aurait été taxée à 41 %, pour un coût supplémentaire de plusieurs milliers d'euros.

Option 2 : rente viagère

Montant annuel
Rente brute (100 000 € × 4,5 %)4 500 €
IR (4 500 € − 10 % d'abattement, à 30 %)− 1 215 €
Prélèvements sociaux (40 % de la rente × 18,6 %)− 335 €
Rente nette annuelle2 950 €

Quel est le plus avantageux ?

  • Si le capital n'est pas placé, la rente nette rattrape le capital net en 23 à 24 ans, soit vers 88 ans. Au-delà, la rente devient plus avantageuse.
  • Si le capital est placé à 3 % net par an et que Paul s'en retire 2 950 € par an, son épargne dure environ 42 ans, soit jusqu'à plus de 100 ans. Il peut en outre le transmettre à ses héritiers.

L'espérance de vie à 64 ans est d'environ 20 ans pour un homme et 24 ans pour une femme. Dans cet exemple, le capital l'emporte donc financièrement dans la plupart des scénarios.

La rente reste pertinente pour qui veut s'assurer contre une vie très longue, ou ne souhaite pas gérer un capital.

Calcul simplifié, avant revalorisation éventuelle de la rente et hors frais de gestion du capital. À refaire avec vos propres chiffres.

Nos conseils pour choisir

Privilégiez plutôt le capital si :

  • votre retraite de base et complémentaire couvre déjà vos dépenses courantes ;
  • vous avez un projet précis (travaux, aide à un enfant, remboursement d'un prêt) ;
  • la transmission compte pour vous ;
  • votre santé ou votre histoire familiale laisse présager une espérance de vie inférieure à la moyenne ;
  • vous êtes à l'aise avec la gestion d'une épargne dans la durée.

Privilégiez plutôt la rente si :

  • vos pensions obligatoires sont faibles et vous avez besoin d'un revenu garanti ;
  • vous craignez de manquer d'argent à un âge très avancé ;
  • vous préférez ne pas avoir à gérer un capital ;
  • vous avez une longévité familiale élevée.

Dans tous les cas :

  • Pensez au mix entre rente et capital. Une rente qui couvre les dépenses incompressibles, le reste en capital : c'est souvent le meilleur compromis.
  • Fractionnez le capital issu de versements déduits pour rester dans votre tranche d'imposition habituelle, en particulier la première année de retraite, souvent chargée de revenus d'activité.
  • Comparez les taux de conversion de plusieurs assureurs. Un PER est transférable avant la liquidation, et l'écart de rente peut atteindre plusieurs centaines d'euros par an.
  • Chiffrez chaque option de la rente (réversion, annuités garanties) : elles protègent vos proches, mais réduisent le montant.
  • Anticipez la transmission. Un capital sorti puis replacé en assurance-vie bénéficie de la fiscalité successorale de l'assurance-vie, avec ses propres règles selon l'âge des versements.

Sous réserve des conditions, plafonds et règles fiscales en vigueur. La déductibilité des versements dépend notamment de votre situation fiscale et du régime applicable. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.

Cet article est à caractère général et informatif, il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.