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PER d'entreprise : comment fonctionnent le PERECO et le PERO

Vous savez qu'il existe "un placement retraite" dans votre entreprise. Mais vous ne savez ni combien il y a dessus, ni qui l'alimente, ni ce qu'il deviendra si vous changez d’entreprise l’an prochain.

Et au moment de vous demander si vous devriez ouvrir un PER individuel, vous n'avez aucune idée de la façon dont les deux s'articulent.

C'est une position inconfortable, parce que cet argent est le vôtre, qu'il est souvent alimenté en partie par votre employeur, et que l'ignorer peut vous coûter un avantage fiscal que vous payez déjà.

Un seul produit, trois compartiments distincts

Depuis la loi PACTE, l'épargne retraite tient dans un cadre unique : le plan d'épargne retraite, décliné en trois compartiments qui obéissent à des règles différentes.

  • Le compartiment individuel correspond au PER que vous ouvrez vous-même, de votre propre initiative.
  • Le compartiment collectif est le PERECO, proposé par votre entreprise sans obligation d'y verser.
  • Le compartiment obligatoire est le PERO, auquel vous et votre employeur cotisez sans avoir le choix, dès lors que vous appartenez à la catégorie de personnel visée (généralement, les cadres).

Ces trois compartiments peuvent coexister dans un même PER… et c'est là que les choses deviennent complexes, car selon l’origine du versement, chaque euro suit ses propres règles de sortie et de fiscalité.

Le PERECO : l'argent que vous n'avez pas versé

C’est un compartiment particulièrement intéressant, dont le potentiel reste encore largement sous-exploité

Le PERECO se remplit de plusieurs façons, dont la plupart ne pèsent pas sur votre salaire.

Votre participation aux résultats peut y être affectée. Votre intéressement aussi. Vous pouvez y monétiser des jours de congé ou de RTT non pris, dans une limite fixée par accord. Et vous pouvez y faire des versements volontaires.

Mais l'élément décisif, c'est l'abondement. Quand vous versez sur votre PERECO, votre employeur peut compléter votre versement. Cette contribution obéit à deux plafonds : elle ne peut dépasser 300 % de votre propre versement, ni 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 7 689,60 € en 2026.

(sources : Ministère de l’Economie pour le mécanisme et Service-Public pour le PASS 2026)

Traduisons. Si votre accord d'entreprise prévoit un abondement à 100 % et que vous versez 1 000 €, votre employeur en ajoute 1 000. Votre épargne passe à 2 000 € le jour même. Aucun placement financier ne produit ce résultat, parce qu'il ne s'agit pas d'un rendement : c'est de la rémunération différée. Ne rien verser, c’est se priver de cette rémunération.

Donc, voilà la première chose à vérifier dans votre accord d'entreprise. Si un abondement existe et que vous ne l'utilisez pas, vous laissez sur la table une somme qui vous est destinée.

Le PERO : celui sur lequel vous n'avez pas votre mot à dire

Le PERO fonctionne différemment puisqu'il est obligatoire.

Lorsque votre entreprise met un PERO en place pour votre catégorie de personnel, l'adhésion est obligatoire. Les versements le sont également : un pourcentage de votre rémunération, fixé par l'accord, prélevé chaque mois, est versé sur le plan, complété par une cotisation employeur. Vous ne décidez pas du montant et vous ne pouvez pas y renoncer.

Ce compartiment porte une contrainte supplémentaire qu'il faut connaître avant de faire des projets : les sommes issues des versements obligatoires sortent en rente viagère, pas en capital. En d’autres termes, vous ne pourrez pas récupérer cette épargne d'un bloc pour financer un projet à 62 ans. Elle vous versera un revenu régulier jusqu'à la fin de votre vie, comme un réel complément de retraite.

Ce n'est ni un défaut ni un avantage en soi. Une rente protège contre le risque de vivre plus longtemps que prévu, ce qu'un capital consommé trop vite ne fait pas. Mais si vous aviez en tête de solder cette poche pour un apport immobilier, la réponse est non.

Ce qui se passe quand vous quittez l'entreprise

C'est la question que tout le monde pose, et la réponse est rassurante.

Votre épargne vous suit. Les droits acquis sur un PER d'entreprise sont transférables vers un autre PER, qu'il s'agisse du plan de votre nouvel employeur ou de votre PER individuel. Vous ne perdez rien en changeant de poste.

Vous pouvez aussi laisser les sommes où elles sont. Dans ce cas, une nuance mérite attention : les frais de gestion qui étaient pris en charge par votre employeur pendant votre présence dans l'entreprise peuvent basculer à votre charge après votre départ. Sur une épargne qui va dormir quinze ans, cette bascule n'est pas anodine.

Une précision pour ceux qui ont connu la génération précédente de produits : les entreprises ne peuvent plus créer de PERCO, et les plans existants peuvent être transformés en PER. Si vous détenez encore un ancien PERCO, votre relevé le mentionne, et la question de son transfert mérite d'être posée à votre service RH.

Le plafond fiscal est commun à tous les types de PER

Enfin, voici le piège que la plupart des salariés découvrent trop tard.

Vous n'avez pas un plafond de déduction par produit. Vous avez une seule enveloppe annuelle, commune au PER individuel, au PERECO et au PERO. Elle représente 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente, avec un plancher et un plafond exprimés en fonction du plafond de la Sécurité sociale.

Les versements obligatoires effectués sur votre PERO consomment cette enveloppe. Si vous cotisez 3 000 € par an sur votre PERO sans le savoir, votre marge de déduction sur un PER individuel est réduite d'autant. Verser au-delà ne produit aucune économie d'impôt supplémentaire : vous bloquez de l'argent jusqu'à la retraite sans la contrepartie qui justifie ce blocage.

Ce plafond figure déjà sur votre avis d'impôt, dans la rubrique "Plafond épargne retraite", à la dernière page. Le montant y est calculé pour vous, déduction faite de ce que vos plans d'entreprise ont déjà consommé.

Une nouveauté utile pour 2026 : les plafonds non utilisés se reportent désormais sur cinq ans au lieu de trois. La mesure s'applique aux versements effectués à partir de 2026, les reliquats des années 2024 et 2025 restant soumis à la règle des trois ans. Si vous avez plusieurs années de plafond dormant, cette fenêtre élargie mérite un calcul.

Faut-il ouvrir un PER individuel en plus ?

Oui, dans deux cas :

Si votre PERECO ne propose pas de supports qui vous conviennent.

Les plans d'entreprise imposent une gamme fermée, parfois limitée, dont les frais et la composition ne sont pas négociables. Un PER individuel vous rend le choix de la gestion.

Si votre enveloppe de déduction n'est pas consommée.

C'est le cas le plus fréquent chez les cadres dont l'entreprise ne propose pas de PERO, ou dont les versements obligatoires restent modestes au regard de leurs revenus.

Quant aux priorités, la logique est simple. Versez d'abord sur votre PERECO jusqu'au plafond de l'abondement, puisque cet argent est complété par votre employeur. Regardez ensuite ce qu'il reste de votre enveloppe fiscale. C'est seulement à ce moment qu'un PER individuel peut prendre le relais utilement.

Le PER Yomoni Retraite+ s'inscrit à cette étape, investi en ETF selon un profil de risque que vous choisissez à l'ouverture. Sa contrepartie est la même que pour tout PER : les fonds restent bloqués jusqu'à la retraite, sauf achat de résidence principale et accidents de la vie. Si votre épargne de précaution n'est pas constituée, remplissez-la avant de verser.

Et si votre tranche d'imposition est basse, l'avantage fiscal ne justifie pas forcément le blocage : une assurance-vie vous laissera plus de souplesse pour un résultat proche.

Nous gérons l'épargne, pas votre accord d'entreprise. Le détail de votre abondement, la catégorie de personnel dont vous relevez ou les conditions de sortie de votre PERO figurent dans des documents que seul votre service RH peut vous fournir, et un conseiller Yomoni vous renverra vers eux plutôt que d'improviser.

Enfin, contrairement à une rente garantie, un capital investi sur les marchés comporte un risque de perte : c'est le prix d'un rendement potentiellement supérieur sur longue période.

Pour y voir plus clair sur votre retraite entreprise : trois documents à trouver cette semaine

Commencez par votre relevé annuel d'épargne salariale. Il indique le montant détenu, sa répartition entre compartiments, et les supports sur lesquels il est investi. Beaucoup de salariés découvrent à cette occasion une somme qu'ils avaient oubliée, parfois placée depuis dix ans sur un fonds monétaire qui ne rapporte rien.

Sortez ensuite votre accord d'épargne salariale, disponible auprès des RH ou sur l'intranet. Cherchez deux informations : existe-t-il un abondement, et à quel taux ? Si la réponse est oui et que vous ne versez rien, vous savez ce que vous devez faire !

Prenez enfin votre dernier avis d'impôt et lisez la ligne "Plafond épargne retraite". Le montant disponible vous dira s'il reste de la place pour des versements sur un PER individuel, ou si vos plans d'entreprise consomment déjà l'essentiel de votre enveloppe.

Ces trois documents en main, vous saurez si vous laissez ou non de l'argent de côté chaque année. Pour beaucoup de salariés, la réponse est oui.

Les règles et montants mentionnés dans cet article correspondent aux paramètres applicables en 2026. La réglementation des retraites est susceptible d'évoluer. Cet article est à caractère général et informatif ; il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.