Qui a dit que la sécurité payait toujours ?


Vous pensez avoir choisi l’option la plus sûre pour votre argent ? Un livret A ou une assurance-vie placée sur un fonds en euros, quoi de plus rassurant ! Avec la Bourse, on ne sait jamais comment les choses vont tourner, mais avec les placements « à moindre risque », vous allez gagner peu, mais vous allez gagner. Du moins, c’est ce que vous croyez. Malheureusement, la réalité est trompeuse. 

Le diable se cache dans les détails

Ce que vous appréciez dans les livrets sécurisés et les assurances-vie en euros, c’est la prédictibilité. On vous a annoncé un taux de rendement : vous savez où vous allez. 

On ne peut pas en dire autant des marchés financiers. À la Bourse, tous les tumultes sont permis : les dépressions, comme en 1929, les bulles qui éclatent comme en 2000, les corrections saisonnières, comme à l’été 2015, ou même ce que les financiers appellent les fast crashs : les chutes brutales de cours qui durent une journée ou moins. Le plus connu, le 6 mai 2010 aux Etats-Unis, a duré… 36 minutes. 

Mais voilà un tableau bien manichéen. Qui oublie un élément essentiel : le risque existe aussi sur les produits sécurisés. Oui, vous pouvez perdre de l’argent avec une assurance-vie investie sur des obligations. Oui, vous pouvez perdre de l’argent avec un Livret A.

Le coupable tient en un mot : l’inflation. 

Prenons le livret A. Son taux de rendement, passé de 0,75 % à 0,50 % en février 2020, est inférieur au taux de l’inflation. Et ça fait maintenant plusieurs années que ce déséquilibre dure.  En 2018, le taux d’inflation moyen en France était de 1,84 %, en 2019 de 1,11 %. 

Cela signifie une chose pour votre placement : votre rendement réel est en fait négatif. Le pouvoir d’achat que représente votre épargne diminue. 

Le risque des produits sécurisés est donc moins visible que celui des marchés financiers, mais plus insidieux : sans vous en rendre compte, et sur des périodes de temps parfois très longues, la valeur réelle de votre épargne n’augmente pas, ne stagne même pas : elle diminue peut-être. C’est en tout cas ce qui se passe aujourd’hui avec le Livret A. Et l’Histoire nous enseigne que ces périodes peuvent s’éterniser, dans les années 1970, le pouvoir d’achat a perdu 40 % sur une décennie ! 

Tout est dans la mesure 

Pas de précipitation, cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut vider vos comptes et tout mettre en Bourse. Un placement sur les marchés financiers comporte un risque de pertes bien réel. 

Mais pour comprendre ce risque, il faut l’évaluer, le comparer. 

Avec la Bourse, la chute des cours des actions est parfois brutale. Elle est aussi temporaire dans la plupart des cas (en tout cas sur le long terme). Avec les obligations, pas de mouvement brusque. Mais votre argent est potentiellement grignoté pendant des années. 

Pour y voir plus clair, le plus simple est donc de réaliser une comparaison chiffrée entre les rendements des obligations et des actions. 

Voici donc la probabilité, sur une échelle de temps donnée, pour que les actions battent les obligations.

2 ans 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans
65 % 70 % 85 % 90 % 98 %

Le constat est clair, même s’il ne préjuge pas de l’avenir : à court terme, les actions rapportent plus que les obligations les deux-tiers du temps, et sur 20 ans ça grimpe à 98 %. 

Attention, la performance des actions représente ici une moyenne. Cela ne vous met pas à l’abri des variations du marché. Votre intérêt, pour minimiser vos risques, est donc de placer une partie de votre épargne sur des actions, pour la faire fructifier. Et une partie sur l’obligataire, pour la protéger et amortir les chocs. Une manière également de vous assurer d’avoir toujours de l’épargne disponible en cas de besoin, même si les marchés baissent. 

Note : Le tableau, basé sur les données historiques du S&P 500 et des obligations américaines, a seulement pour but d’indiquer le comportement typique des actions et des obligations.

On fait connaissance ?

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