Le point sur l'Investissement Socialement Responsable chez Yomoni

Dans deux précédents articles, à l’automne dernier, nous avons abordé la question de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la façon dont nous intégrons cette dimension dans notre gestion. Une enquête menée auprès de nos clients avait en particulier démontré l’intérêt qu’ils portent à ces questions. Nous nous proposons de faire ici un bref point sur l’état d’avancement de notre approche dans ce domaine, tout en rappelant les problématiques, parfois complexes, que la question de l’ISR soulève. 

Un premier point concerne bien évidemment la définition même de l’approche ISR. Ce thème s’est très largement imposé au sein de la communauté financière au cours des dernières années, notamment en Europe, ce qui a conduit à un développement significatif de l’offre de fonds labellisés ISR. Soulignons simplement qu’aujourd’hui il n’existe pas (encore) de méthodologie unanimement partagée par les gestionnaires d’actifs proposant ce type d’offre. Les critères retenus pour analyser les sociétés émettrices de titres cotés sont souvent proches, mais les poids accordés à chacun d’entre eux peuvent varier sensiblement suivant les sociétés de gestion. 

De ce point de vue, une norme définie par un organisme à l’autorité indiscutable, non impliqué lui-même dans la commercialisation d’OPCVM, serait évidemment la bienvenue. Il est raisonnable de penser qu’une telle harmonisation finira par s’imposer, sa nécessité devenant de plus en plus évidente compte tenu de la confusion qui résulte de la multiplication actuelle de l’offre et des approches de gestion ISR. 

Cette question est d’autant plus cruciale que nous utilisons uniquement des OPCVM pour la construction des portefeuilles de nos clients. Nous sommes donc largement tributaires des sociétés de gestion dont nous utilisons les fonds indiciels ou les ETF pour nous assurer du caractère ISR des portefeuilles dont nous avons la charge.

D’autre part, même s’il se développe rapidement, l’ISR ne concerne pas encore toutes les classes d’actifs. Si la classe d’actifs actions est d’ores et déjà bien couverte en matière d’approche ISR, tel n’est pas encore le cas de l’univers obligataire. Dans le cas de l’univers actions, l’offre de gestion ISR demeure en outre, à l’heure actuelle, très largement inférieure à l’offre de gestion « classique » en matière de nombre de fonds, malgré un développement extrêmement rapide.

Concernant les matières premières, bien que nous ne les utilisions que dans des proportions très limitées (5 % au maximum des portefeuilles), il semble difficile d’imaginer qu’une approche ISR soit un jour envisageable, en tout cas dans l’état actuel des critères retenus. De même, nous ne disposons pas aujourd’hui d’un fonds euro labellisé ISR pour la partie garantie des portefeuilles d’assurance-vie.

Rappelons aussi que la sélection des OPCVM indiciels (fonds ou ETF) que nous effectuons pour bâtir les portefeuilles financiers de nos clients repose sur une méthodologie axée sur leurs qualités de réplication, et donc essentiellement sur leurs performances. Dans la majorité des cas, les OPCVM gérés dans une approche ISR présentent des frais de gestion supérieurs aux autres OPCVM. Toutes choses égales par ailleurs, ceci dégrade leur notation fondée sur des performances nettes de frais. Nous nous sommes en outre engagés sur un maximum de 0,3 % pour les frais de gestion moyens des OPCVM qui constituent les portefeuilles de nos clients. 

Enfin, le travail d’analyse statistique de la qualité de gestion des OPCVM que nous sommes susceptibles de sélectionner nécessite un minimum de données historiques et de recul, qui n’est par définition pas encore disponible pour des OPCVM très récents (c’est le cas de nombreux OPCVM indiciels labellisés ISR).

Dans ce contexte encore très mouvant et relativement contraint, nous avons fait le choix du pragmatisme. Notre approche consiste simplement à analyser les OPCVM labellisés ISR comme nous analysons les autres OPCVM, afin de définir une note pour chacun d’entre eux fondée uniquement sur la qualité de réplication de leurs indices de référence. Dans la constitution des portefeuilles, nous continuons de sélectionner les OPCVM les mieux notés, tout en privilégiant ceux qui adoptent une approche ISR à qualité de notation équivalente ou proche. Concernant la méthodologie d’analyse ISR, nous la déléguons aux fournisseurs d’indices et/ou de fonds, et privilégions celle définie par MSCI.

Pour être très concret et transparent, voici comment se traduit aujourd’hui notre approche en matière de pourcentage d’OPCVM ISR dans quelques-uns des portefeuilles types que nous gérons pour le compte de nos clients. Dans les comptes-titres, la part d’OPCVM ISR dans l’allocation actions (ou l’allocation d’un profil 10) atteint 80 %. Cette part est plus faible dans les allocations diversifiées, du fait principalement de la faiblesse de l’offre produits sur les autres classes d’actifs, mais atteint tout de même 60 % dans une allocation équilibrée (profil 6). En assurance-vie, la part d’OPCVM ISR dans les allocations est plus faible. Nous sommes en effet confrontés à deux contraintes liées à cette enveloppe fiscale : le fonds en euros n’est pas ISR et l’univers des fonds disponibles est restreint aux unités de comptes qui ont été référencées par l’assureur. A ce jour, près d’un tiers de l’allocation actions d’un contrat en assurance-vie (profil 10) est ISR, ainsi que 15 % d’une allocation diversifiée équilibrée (profil 6).  

Nous continuerons dans le futur à communiquer régulièrement sur les avancées concernant notre approche de l’ISR. Celle-ci est certainement appelée à évoluer, dans un contexte où les méthodologies et les rôles des différents acteurs impliqués (fournisseurs d’indices, gestionnaires de fonds, régulateurs, autorités publiques, consultants et agences de notation spécialisés dans l’ISR…) sont encore loin d’être clairement définis.

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