Dans un monde à taux zéros, même les éléphants volent


Dans cet article, je vous propose de découvrir comment, dans une planète à taux directeurs nuls, les éléphants peuvent voler. Vous saurez alors comment éviter que votre épargne ne se retrouve clouée au sol le jour où les taux remonteront !

Mais tout d'abord… qui décide des taux directeurs ?

Direction Bruxelles, au siège de la Banque Centrale Européenne (BCE). C'est ici que le gouverneur Mario Draghi et son équipe pilotent toutes les 6 semaines les taux directeurs de la zone euro, c'est-à-dire les taux de prêt et d'emprunt que la BCE propose aux banques. La BCE fournit ainsi quotidiennement aux banques commerciales des liquidités, qui sont reprêtées aux emprunteurs, ménages et entreprises.

L'objectif de la BCE : piloter les taux de prêt pour maintenir l'inflation proche de 2%. Et actuellement, avec une inflation proche de 0%, on en est loin !

Aujourd'hui, la BCE prête à taux nul aux banques

Les taux directeurs sont depuis 2015 proches de 0%. N'espérez pas cependant emprunter à taux négatif : les banques reprêtent ces liquidités avec une marge. Le taux 0 ne vaut que pour des prêts très courts (quelques mois maximum) et uniquement en échange de collatéral (comme un prêteur sur gage, la BCE demande des garanties qui sont restituées à l'échéance du prêt).

La BCE ne s'occupe donc que des prêts à très court terme : pour le reste, c'est la loi de l'offre et de la demande !

En quoi les taux ont-ils un impact sur l'inflation ?

Deux effets sont en jeu : le premier sur les placements, le deuxième sur le crédit.

Les taux bas découragent les épargnants à placer sur des produits sans risque. Vous l'avez sans doute remarqué si vous avez un livret A : vous n'allez pas faire fortune avec. En incitant les épargnants à placer ailleurs, la BCE leur demande de financer des investissements productifs, avec des impacts en théorie positifs sur l'emploi et la croissance.

Le deuxième effet, c'est que des taux bas permettent le crédit bas, et donc rendent rentables des opérations et des investissements qui ne l'étaient pas auparavant. Pour faire l'analogie avec l'immobilier locatif, un bien qui rapporte 5% net est intéressant si l'on peut emprunter à 2%, mais pas si l'on peut emprunter à 7%. Les taux bas dynamisent donc les transactions et entraîne des hausses de prix.

Avec les taux négatifs, même les éléphants volent !

Si le système monétaire était une planète, les taux directeurs seraient la molette de contrôle de la gravité.

Avec des taux faibles, un petit saut vous envoie en l'air. N'importe quel business plan mal ficelé trouve des financements, les investissements à crédit sont plus facilement rentables, les prix des actifs s'envolent : on est sur la Lune (0,2 fois la gravité terrestre).

A l'opposé, dans un monde de taux élevés, tous les actifs sont collés au sol. Il faut déployer une force considérable pour s'en détacher et le moindre effort est très coûteux en énergie. Seuls les puissants mastodontes s'en sortent : on est sur Jupiter (2,4 fois la gravité terrestre).

Aujourd'hui ? On est sur une planète à gravité nulle ! C'est une invitation à se décoller du sol avec un grand coup de pied au derrière. Les rhinocéros côtoient les libellules. On voit même apparaître des licornes !

Quelle conséquence pour votre épargne ?

En zone euro, le taux sans risque est délibérément placé de telle manière à vous faire perdre du pouvoir d'achat. C'est une incitation à aller voir ailleurs.

Cependant, prendre des risques nécessite d'être prudent dans ses investissements. L'immobilier locatif ou les obligations par exemple sont rendus risqués, car ils dépendent principalement de la poursuite de la politique de taux bas. Leur forte hausse passée n'est due qu'aux baisses de taux qui leur ont permis de décoller du sol.

Le jour où les taux remonteront, les éléphants continueront-ils de flotter aux côtés des cigognes ?

La BCE vous incite donc à placer votre épargne là où l'économie en a besoin : dans les entreprises. Vous pouvez également diversifier géographiquement : les baisses et hausses de taux sont cycliques, et toutes les zones géographiques n'en sont pas au même point du cycle.

Les profils de gestion chez Yomoni sont calibrés de manière à rechercher une diversification en catégories d'actifs (actions, obligations, immobilier, matières premières…) et en zones géographiques, avec pour objectif le meilleur rapport rendement/risque. Les politiques des banques centrales sont bien évidemment un des indicateurs scrutés de près par les gérants !

On fait connaissance ?

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