Bien préparer sa retraite (3/3) : Maîtrisez le volet financier

On y vient ! Après avoir compris le système de retraite français, maîtrisé les aspects psychologiques, on attaque avec appétit le volet financier de la retraite.

Épargner devient une nécessité pour la retraite

Le système français est dit "contributif" : la pension que l'on touche est proportionnelle au montant que l'on a versé aux caisses, avec des mécanismes garantissant une pension minimale aux personnes ayant très peu cotisé.

Dans d'autres pays, le système est financé par l'impôt et les pensionnés touchent une pension modeste mais identique, charge ensuite à chacun de la compléter grâce à son épargne personnelle.

C'est entre autres ce qui explique que les charges sociales sont plus élevées en France, et aussi ce rend les comparaisons entre pays trompeuses. Autre conséquence : sans incitation à s'intéresser à leurs placements, les Français ont une culture financière assez faible...

Cependant, au fur et à mesure que notre système devient de moins en moins généreux, il est nécessaire de se préparer financièrement à compléter sa pension avec de l'épargne.

Faisons le point sur ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans forcément vous priver !

L'achat immobilier, une option pour les "cigales"

Avoir son logement payé à la retraite est un avantage évident. Attention tout de même : vous ne vivrez pas toute votre vie dans le même appartement ! Après votre premier achat, l'arrivée d'un premier enfant peut vous forcer à voir plus grand. Ensuite, lorsque les enfants auront quitté le nid familial, vous serez ensuite tenté de déménager dans un logement plus petit.

Mais si vous vivez dans l'instant présent et vous n'avez pas la discipline d'épargner, le remboursement du prêt constitue une forme d'épargne forcée. L'achat immobilier peut ainsi être vu comme une forme de préparation de la retraite : même si ce n'est pas le bien dans lequel vous passerez votre retraite, vous finissez par posséder un patrimoine que vous n'auriez peut-être pas eu sinon...

Connaître ses objectifs long terme plutôt que ses besoins futurs

Si à l'opposé, vous êtes plutôt "fourmi", vous accumulez presque naturellement votre épargne sur des produits financiers.

Il est difficile de prévoir sérieusement vos besoins financiers à la retraite, surtout si vous en êtes loin. En revanche, selon votre âge et votre situation, vous pouvez définir l'un des objectifs suivants :

  • appréciation du portefeuille : vous souhaitez augmenter la valeur de vos actifs sur la durée de placement, même si cette appréciation n'est pas garantie
  • distribution de revenus : vous souhaitez dès aujourd'hui percevoir des revenus (intérêts, dividendes, loyers...), quitte à ce que votre portefeuille ne s'apprécie pas, ou moins rapidement
  • réduction de la volatilité : vous souhaitez avoir une visibilité sur la progression de vos actifs, même si cela signifie une moindre appréciation potentielle

Ces objectifs ne sont pas figés. Ils sont plutôt une grande tendance que vous suivrez dans vos décisions d'épargne au quotidien.

Une fois le cap fixé, choisissez les bons produits d'épargne.

Prenez votre temps pour comprendre le fonctionnement de chacune des "enveloppes fiscales", paniers dans lesquels vous rangez les produits d'investissement (comme lorsque vous faites vos courses). Mais comme pour les médicaments, ce qui est adapté à d'autres ne le sera pas forcément pour vous !

Le PERP, par exemple, est optimal pour les contribuables fortement imposés et proches de l'âge de la retraite car, sauf exception, le capital est libéré uniquement sous forme de rente à la retraite. N'y souscrivez pas trop tôt sous peine de déconvenues !

L'immobilier locatif distribue des revenus : psychologiquement réconfortant mais potentiellement sous-optimal si vous souhaitez faire croître votre capital. En effet, l'imposition souvent élevée sur les loyers diminue la vitesse d'appréciation du capital (vous devez payer les impôts avant de pouvoir réinvestir les loyers).

A l'opposé, le PEA (Plan d'Épargne en Actions) capitalise les plus-values (non garanties) que vous serez potentiellement amené à réaliser, reportant l'imposition à la sortie du produit. En revanche, tout retrait avant 8 ans casse le plan, ce qui en fait un produit plutôt adapté à ceux qui cherchent l'appréciation du portefeuille plutôt que les revenus immédiats.

Un contrat d'assurance-vie est plutôt passe-partout : versatile et souple, il permet à la fois de capitaliser et de récupérer le capital facilement sans casser le contrat, le tout avec une imposition allégée dès 4 ans de détention. Bien entendu, l'imposition ne porte que sur les éventuels gains (non garantis) que vous pouvez être amené à réaliser, pas sur le capital.

Connaître les produits d'épargne les plus adaptés à sa situation est une forme de préparation à la retraite. Elle ne nécessite aucune capacité d'épargne, juste un peu de travail personnel !

Placez en cohérence avec votre aversion au risque

Un placement qui rapporterait 2% pendant 30 ans multiplierait sa valeur par 1,8. S'il rapportait 8%, il la multiplierait par 10 !

Pourquoi tout le monde ne se rue pas sur les placements les plus rémunérateurs ? Car ce sont également les plus risqués, et leur rémunération passée ne préjuge pas de leur rémunération future.

Votre aversion au risque sera un facteur essentiel pour déterminer l'allocation d'actifs qui vous sera adaptée. Là encore, ce qui fonctionne avec le voisin ne fonctionnera pas forcément avec vous.

Beaucoup de personnes indiquent n'accepter aucun risque en capital, même sur une petite proportion de leur épargne. Si c'est votre cas, demandez-vous si c'est à cause d'une méconnaissance du monde de l'épargne ou d'une réelle aversion pour le risque. Votre plan n'est peut-être réalisable qu'à condition de chercher à obtenir des rendements plus élevés, et donc à condition d'accepter les risques qui vont avec.

Tout est histoire de calibrage optimal. Mais si réellement votre aversion pour le risque est totale... ainsi soit-il !

Les aspects non-financiers, aussi importants que les aspects financiers

Connaissance du système, de soi, de ses objectifs, des produits financiers...

Autant de savoirs accessibles même si vous n'avez aucune capacité d'épargne aujourd'hui, et qui sont plus importants à long terme que de tenter de deviner quelle action va monter l'année prochaine.

Préparer sa retraite va bien au-delà de mettre de l'argent de côté pour ses vieux jours !


Investir sur les marchés financiers comporte un risque de perte en capital.
Les informations ci-dessus sont fournies à partir des meilleures sources en notre possession et ne présentent pas de caractère contractuel.

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