Baisse des dividendes : tous les titres ne sont pas concernés...

Les analystes s’accordent pour anticiper une baisse globale des versements de dividendes, et pas seulement en France, le plus gros payeur de dividendes en Europe. La société de gestion Janus Henderson anticipe un recul des dividendes dans le monde de 15 à 35 % en 2020, bien qu’ils aient augmenté de 3,6 % au premier trimestre. La suspension des dividendes semble en effet inévitable en raison de l’arrêt brutal et inédit de l’activité économique dans de nombreux pays. Les entreprises vont en effet chercher à conserver un maximum de liquidités pour faire face au choc que vont faire peser sur leurs bénéfices les mesures de confinement et de distanciation sociale.

Mais quel est l’intérêt des dividendes ?

Lorsque vous détenez une action, vous détenez une part du capital de l’entreprise, mais également un droit à un dividende qui représente une part des bénéfices versée par l'entreprise à ses actionnaires. La société n'est en rien obligée de distribuer un dividende, mais pour les actionnaires de long terme, le dividende être potentiellement le seul revenu possible lié à la détention d'actions. C’est pourquoi il est très apprécié des actionnaires de long terme qui peuvent tirer un revenu régulier des actions qu’ils détiennent sans avoir à en vendre une partie (et ainsi concrétiser la plus-value éventuelle). Le dividende est donc le seul moyen pour l'entreprise de rémunérer l'actionnaire de long terme, et ainsi de le fidéliser. Un actionnaire qui ne percevra pas de dividende aura en effet tendance à privilégier la plus-value, et ainsi à être moins fidèle à l'entreprise dans laquelle il a investi.  

Les dividendes permettent également à une entreprise de délivrer des messages positifs à ses actionnaires. Un dividende en hausse ou stable dans un environnement économique perturbé est en effet un signal positif envoyé aux investisseurs. Pour ces derniers, si l'entreprise distribue un dividende en hausse par exemple, cela signifie qu'elle a confiance en son avenir, voire que les premiers chiffres de l'année en cours sont très bons.

Quel est l’impact de la baisse des versements de dividendes pour les actionnaires ?

Il est donc naturel que beaucoup d’actionnaires s’inquiètent de cette perspective de baisse généralisée des dividendes. Mais attention, du point de vue de l’actionnaire, le versement d’un dividende ne constitue pas en lui-même un enrichissement. Le dividende qu'il reçoit est en effet compensé par la baisse de valeur de ses actions causée par la cession d'actifs que constitue ce versement. Payer un dividende revient en fait à liquider une part de l'entreprise, à transformer une part de l'entreprise en liquidités. 

En revanche, il est très important d’intégrer le rendement du dividende dans le rendement global d’une action, car il représente une part significative des gains réalisés par la détention d’actions. Le rendement des dividendes versés représente en effet, en moyenne, un tiers de la performance des indices boursiers globaux. C’est pour cela que nous rappelons souvent chez Yomoni qu’il est indispensable de considérer les performances des indices dividendes réinvestis (total return) pour avoir un idée juste des niveaux d’indices. Si nous prenons l’exemple du CAC 40, nous entendions souvent en début d’année qu’il venait d’atteindre son niveau le plus haut depuis la crise de 2008. Ceci n’a pas de sens pour l’investisseur car si vous êtes investi en actions du CAC 40, vous devez percevoir les dividendes des sociétés qui le composent. Il fallait alors comparer la performance de votre investissement à celle du CAC 40 dividendes réinvestis, qui lui avait déjà atteint son plus haut niveau depuis 2008 en 2015, soit cinq ans avant !

Quel impact sur vos portefeuilles ?

Si nous faisons une analyse un peu plus détaillée de l’impact de la baisse des dividendes sur notre allocation actions, il est important de noter que les dividendes nord-américains devraient être moins affectés par ces baisses annoncées que ceux de l’Europe et de l’Asie. Or les actions américaines représentent plus de 60 % de la part actions de vos portefeuilles. 

Par ailleurs, les dividendes des secteurs de la technologie et de la santé, sur lesquels nous avons récemment pris des positions dans vos portefeuilles, devraient être plus à l’abri des baisses de dividendes que d’autres secteurs. Les sociétés technologiques devraient en effet privilégier une baisse de leurs volumes de rachats d’actions, et celles du secteur de la santé devraient avoir des bénéfices moins impactés par le choc économique dans ce contexte de crise sanitaire, elles pourraient même en profiter. Notre positionnement géographique et sectoriel limitera donc la baisse du taux de versement des dividendes de la poche actions de vos portefeuilles.

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